PAPIERS FROISSÉS

 

Papiers froissés #185 x 85 x 80, 2011Papiers froissés #1640 x 40 x 40, 2011Papiers froissés #745 x 55 x 55, 2011Papiers froissés #1530 x 55 x 35, 2011Papiers froissés #535 x 48 x 35, 2011Papiers froissés #944 x 48 x 48, 2011Papiers froissés #1740 x 30 x 30, 2011Papiers froissés #1150 x 50 x 50, 2011Papiers froissés #1830 x 30 x 30, 2011Papiers froissés #1424 x 36 x 36, 2010Papiers froissés #1045 x 50 x 50, 2011

Collages, peinture acrylique sur carton et résine.

 

Papiers froissés

Le geste de froisser du papier détruit la feuille plane, support de l’écriture et donc de la pensée. Les papiers froissés disent la déception de l’écriture ratée, du brouillon inabouti, du texte lu qui ne requiert pas d’être conservé. Vouées à la corbeille, les boulettes de papier ne sont pas destinées à être regardées, encore moins être érigées en sculptures.
Pourtant, il y a quelque chose de fascinant dans ces plis et replis qui font voisiner, sans intention délibérée, comme en un « cadavre exquis », couleurs, formes, fragments de textes. Ce qui m’a fascinée aussi dans les immenses balles de papiers froissés et déchirés du site de stockage de l’entreprise de recyclage de papiers DS Smith de Kaysersberg, ce sont les arrangements incroyables qu’ils composent au hasard pourtant de la collecte et de l’entassement. Frisures et lambeaux, plis et replis créent des formes à l’infini. Le cadrage photographique y repère des jeux de couleurs qui semblent inventés par un peintre, des froissés que l’on croirait façonnés par un sculpteur.
J’ai voulu leur rendre hommage en façonnant mes propres boulettes, parfois très grosses, et en leur donnant la dureté d’une enveloppe de résine et la pérennité de l’œuvre.


Jacqueline Bilheran-Gaillard, 2013